Enregistrements de la rencontre du 26 mai à la librairie Texture

Josette Halegoi

Josette Halegoi

Christophe Aguitton

Christophe Aguitton

Michel Amzallag (ou Amzi)

Michel Amzallag (ou Amzi)

Lise Poirier Courbet

Lise Poirier Courbet

Aymard De Mengin

Aymard De Mengin


 
 Présentation de la rencontre et introduction au livre par Josette Halegoi [6:08m]: Play Now | Play in Popup

 
 Lecture des extraits par Michel Amzallag [11:55m]: Play Now | Play in Popup

 
 Intervention de Christophe Aguiton, un des fondateurs d'ATTAC France et membre du conseil international du mouvement altermondialiste [4:32m]: Play Now | Play in Popup

 
 Interview d’Aymard par Josette Halegoi avec la question 1 : Comment t'es tu retrouvé à aller enquêter et écrire à Bombay ?: Play Now | Play in Popup

 
 Interview d'Aymard par Josette question 2 : Quelle est la part de fiction et de réalité dans votre livre ? [1:53m]: Play Now | Play in Popup

 
 Interview de Lise par Josette Halegoi : première question : Quels sont les souvenirs les plus forts que tu gardes du Forum Social Mondial de Mumbai ? [4:23m]: Play Now | Play in Popup

 
 Interview de Lise par Josette sur : Pourquoi continuer le projet d'écriture-enquête autour d'autres forums à Nairobi, à Belem ? [6:24m]: Play Now | Play in Popup




asso_hec_bombayArticle sur Bombay, rivage des possible,

Extrait de la Revue Hommes et Commerce

Critiques de la mondialisation néolibérale et de « l’idéologie de la ressource humaine au service de la marchandisation de toute chose« …

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Courrier de Roch Poirier, neveu de Lise, maquettiste et sculpteur :

LES RAVAGES DU PAISIBLE

Des couleurs chatoyantes, des odeurs enivrantes, des parfums délicats, des regards.

Danses transe ou langoureuse, chaleur étouffante ou bienfaitrice, musique endiablé ou mélodique.

Débats, combats, colères, partages, arnaques, souvenirs, découvertes…..

Tout cela et bien d’autres encore dans ce carnet. Une foule, des foules, fortes comme des vagues. La mer.

Foules étouffantes, affairé et joyeuse, et, au loin, aperçu un quart de seconde à l’échappé, deux yeux. Un regard, noir, profond, brillant, envoûtant….

Un Etienne solitaire, avide de découvrir, se mêler, se confondre…

Suraj, un sage en automne qui s’efforce d’offrir un regard positif et enthousiasme à tous ces soldat, malgré ses doutes et ses contradictions.

Un Phil flegmatique, langoureux, amoureux, de retour vers son enfance. Partagé entre son bonheur d’être là simplement et l’envie de participé, d’écrire.

Un regard aimant.

Une Delphine angoissée, qui s’est à nouveau dépassé, allant au delà de ses peurs de ses craintes pour se perdre dans cette foule envahissante. Sa participation est un acte de bravoure, c’est son engagement. Puis, ses démons s’apaisent, son esprit d’analyse prend le dessus, pour se donner et offrir la parole aux autres.

Une Inès combattante de toutes les heures. Partagé entre sa famille et les combats exigeants. Elle en est sûre, on avance, oui c’est cela, il faut continuer.

Une Ana tombé du ciel, mais solide. Elle découvre le chao, ni comprend rien mais s’y adapte. Ha ces Babels quel tendre bordel !

Enfin Vijaya qui n’en finit pas de nous apprendre le courage de vivre. Une combativité à toute épreuve, elle entraîne la troupe de Jodalpur dans la grande ville malgré sa peur « d’être bête ». Elle découvre avec délectation, les combats d’autres délégations et les foules qui se régalent de leurs pitreries théâtrales.

Sept personnages attachants que je n’aurai sans doute pas découvert sans les liens familiaux que j’ai avec les écrivains. C’est un livre d’une beauté et d’une générosité extraordinaire.

Mais…. C’est un peu compliqué à lire. Non pas que je sois analphabète, mais les néo Maoïste Trotskiste Léniniste qui sont en désaccord avec la caste des Bimbo Lénino Trotskiste communautariste du sud de la région de Jarska, au fond du couloir à droite…..

A ce propos, j’aimerai bien savoir si c’est vrai que les premier pense que les second ont tort sur la question de la pensée Maoïste Boudhaniste concernant le droit exclusif et autoritaire que se sont octroyé les femmes à donné la vie à de petits alter mondialistes braillards et affamés.

Puis j’ai fini par comprendre, du FSE au FMF jusqu’au SETT en passant par le HMST

Un bon lecteur se doit de posséder une bibliothèque de dictionnaire à toute épreuve et en toutes langues, les meilleurs possèdent leurs propre babel n’est il pas ? Autrement le lexique prendrait plus de pages que le récit.

En bref et pour faire court………Mais après tout pourquoi faire court?

- Pour ne pas emmerder le lecteur. On te l’a déjà dit.

- Ouais ouais, mais à faire court on risque de négliger des nuances importantes.

- ON TE DIT DE FAIRE COURT !!

Devant cet autoritarisme néo Lénino………je fais court :

- C’était bien

- T’exagère, on à dit court mais tout de même, exprime toi un peu.

- Faudrait savoir ! Ha vous êtes chiant !…. Un livre à offrir, qui à su associé la tendresse, l’émotion, l’amour, au travers de parcours attachant et les multiples combat et revendications pour un possible différent.

BRAVO à vous deux. BISOU A TOUS

Roch

Extrait du journal de Christiane Launay du 7 juillet 2010, soeur de Lise, peintre aquarelliste et femme engagée

Extrait de mon journal, chronique de vie, mai 2010. A la suite de la lecture de votre livre :

Nos utopies, chaque jour, sont battues en brèche.  Ce qui Dieu merci, ne nous empêche point d’agir et de vivre toutes ces contradictions, les nôtres et celles de nos sociétés. Ces sociétés devrais-je dire : du Monde qui émerge si vite : Asie, Amérique Latine, Afrique. La globalisation ou la mondialisation, nous la vivons chaque jour au quotidien. L’information télévisuelle ou écrite nous vient du monde entier. J’aime avoir le maximum de regards. Nos étagères, nos bureaux débordent de livres et de revues. Nous lisons en diagonale et aussi par choix en profondeur. Mon écrivain préféré, Christa Wolf en ex-RDA. J’ai son livre « Un jour dans l’année ». Elle mêle ainsi l’individu et étend sa réflexion loin, très loin.

Finalement, votre livre est écrit ainsi, sauf que vous n’avez pas utilisé le je uniquement, vous cachant…un peu. Mais Françoise vous a reconnu et moi aussi et ajoutant d’autres personnages.

Votre livre est multiforme, quelle est la part de : croquis sur le vif, réflexions profondes, engagement, retour à l’enfance, à la formation, au militantisme de la jeunesse, à l’imaginaire ?

C’est le foisonnement de la vie qui s’exprime et c’est cela que j’ai le plus apprécié.

Un autre monde est possible, c’est une interrogation ? Joyeuse pessimiste ! Je crois que non.

J’ai été jeune et leader sans le savoir vraiment, je ne savais pas dire non et j’étais sensible à l’injustice.

Toutes mes illusions sont tombées. Je suis lucide.

Nous manquons de Saints, de Héros, de leaders.

Il y a trop de crocodiles, trop de cynique. Le peuple est constitué de trop de moutons que l’on mène par les médias anciens et nouveaux dans un sens ou un autre.

Les veaux d’or de la Bible sont de retour ou lèvent à nouveau.

Les religions ne sont point en cause, elles sont utilisées pour les pouvoirs qu’elles peuvent donner. Pouvoirs – Argent – Les démons sont toujours là.

Pour Christiane 75 ans aujourd’hui. Je donne ce qui est important peut-être, ce que Je peux : une attention à l’autre, une tendresse, un sourire. Tout en préservant ma part de rêves de plaisir, de sensualité, de contemplation. Je suis et je vis.




Article de Didier Epsztajn du 14 Mai 2010,

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Les impuissances fermentent les cerveaux et produisent de la haine

Il ne s’agit ici, ni d’une transcription des débats du Forum Social Mondial, ni d’une analyse synthétique des différentes composantes présentes à Bombay.

Juste des appréciations individuelles, ce qui ne veut pas dire sans lien avec des réflexions collectives, des compte-rendus partiels, des impressions et des rencontres.

Des images aussi de la société indienne, de la pratique des groupes sociaux ou politiques.

Certain-e-s pourront souligner les dimensions naïves, liées à la découverte des réalités des autres mondes. Prenons, simplement ce petit livre pour une invitation à mesurer, à la fois, la singularité de ces rencontres, la diversité dans la planète altermondialiste, les contradictions sociales et leurs impacts sur chacun-e de nous.

Un autre regard, plus centré sur les rencontres individuelles, lors d’un Forum Social mondial.

Aymard de Mengin, Lise poirier Courbet : Bombay, rivage des possibles
Carnets de voyage dans la planète altermondialiste
Editions Syllepse, 2010




Article de Christian Verrier du 28 juin 2010,

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Bombay, rivage des possibles.

Carnets de voyage dans la planète altermondialiste

Aymard de Mengin et Lise Poirier Courbet, avec Monica Salom, Editions Syllepse, 2010, 211 p.

L’ouvrage de Aymard de Mengin et Lise Poirier Courbet nous transporte en Inde pour quelques jours, lors du Forum social mondial de 2004. Il nous fait traverser un peu de l’Inde via surtout Bombay, nous donne à connaître de l’intérieur la mise en place et l’organisation d’un tel Forum social, tout en nous faisant entrer progressivement dans le vécu de plusieurs acteurs de ce rassemblement, qui tiennent leur journal ou  carnet de voyage. Ces sept acteurs, de nationalités différentes (ils viennent d’Inde, de France, de Colombie), s’y rendent pour une même raison, assister et participer au forum avec en ligne d’horizon « un autre monde possible » mais, aussi, pour chacun d’eux, avec des motivations sous-jacentes particulières, dans lesquelles nous font entrer ces différents journaux.

Bien que fictifs, ces personnages n’en sont pas moins le résultat d’une enquête effectuée par les auteurs auprès de militants rencontrés, en partant de leur vie personnelle et de leur expérience militante engagée, et de ce fait leur portrait sociologique et humain en paraît hautement crédible, ce qui vient donner une vigueur d’écriture et de lecture tout à fait bienvenue.

Nous avons entre les mains un livre qui se lit avec une grande facilité, dont l’écriture à plusieurs voix, sous la forme de différents passages chronologiques des sept  journaux écrits à la première personne du singulier, fait ressortir plusieurs tendances de pensée et d’engagement altermondialiste. Pour ceux qui y seraient tout à fait étrangers, ce livre constitue une porte d’entrée idéale pour commencer la fréquentation de la planète « alter », sur le devant de la scène depuis le début des années 2000 grâce à ce type de forum.

L’ouvrage est aussi un moyen d’entrer en contact avec la pensée politique, et la vie qui la supporte, de personnes de tous âges, de degrés d’engagement divers, depuis la traductrice jusqu’à l’organisateur de haut niveau, sans oublier le Français né en Inde qui profite de ce déplacement à Bombay pour faire retour sur son enfance indienne.

Les angles de vue sont donc nombreux, variés, éclairants, en partant du regard que posent tous ces acteurs sur le forum et plus largement sur leur vie là où elle en est de son âge, sur la politique en ce début de XXI° siècle, sur l’état du monde en général, avec en toile de fond cette puissance envoûtante de l’Inde, omniprésente depuis ses enchantements jusqu’à sa misère prégnante.

Une préface de Chico Whitaker Fereira, fondateur du Forum social mondial et une postface de Padmanabhan Krishna Murthy, syndicaliste indien membre du comité d’organisation du Forum social de Bombay, introduisent et prolongent la réflexion et l’engagement des deux auteurs. Deux glossaires viennent clore le livre, apportant de précieux éclaircissements de vocabulaire. Le tout assemblé donne au livre un caractère dynamique, aussi instructif que vivant, avec toujours la dimension militante au premier plan, si importante pour la construction et la survie de toute nouveauté sociale progressiste.

On relèvera le ton en définitive mesuré des auteurs, même si on les devine aisément très impliqués dans la démarche altermondialiste. Des remarques critiques bienvenues émaillent ici et là le propos, par acteurs-diaristes interposés. Ce qui est donné à voir de l’altermondialisme et des forums sociaux peut ainsi se complexifier et du coup s’enrichir à l’épreuve d’une critique bienveillante, celle du simple militant associatif de base participant à l’auto-organisation quotidienne du forum jusqu’à celle de l’organisateur « international » passant d’un pays à l’autre. Ces regards, engagés mais « discutants », viennent interroger cette nouvelle forme de militantisme et de conception politique posant souvent des questions à la fois centrales et vitales pour l’avenir, tant il paraît en de nombreux endroits que ces démarches militantes se révèlent assez différentes – ou tout au moins se veulent différentes – de ce qui existait auparavant dans le fonctionnement des partis, des syndicats, des associations, ONG et autres mouvements mobilisés sur le terrain politique et social. Une nouvelle forme d’organisation – ne se limitant pas à une simple rencontre intercontinentale – grandit au fil des années depuis une décennie, qui tente d’envisager autrement le débat et le combat social, et cela ne va pas sans tiraillements, réflexions nouvelles, hésitations, voire déchirements parfois, lorsque l’habitus militant initial se voit par trop bousculé par l’irruption de la nouveauté.

C’est au total un livre qui pousse à penser sur le terrain politique. Par les différents points de vue qu’il propose sur les forums sociaux, il laisse deviner d’autres facettes possibles de l’engagement et de la politique, qu’il serait peut-être difficile de discerner autrement selon nos critères habituels de raisonnement sur le social et la Cité. Et puisque le livre montre qu’il est possible de faire se rencontrer autant de personnes venues de tous les continents, avec pour chacune un même objectif d’émancipation et de changement planétaire aujourd’hui devenu urgent, à l’instar des forums sociaux eux-mêmes, il résonne pour le lecteur comme une sorte de message d’espoir et de confiance en l’avenir, en des temps où la crise de l’économie mondiale ne semble engendrer, sauf exception, que grisaille et renoncements malheureux.

C’est aussi un livre qui se lit comme le récit d’un événement politique international,  que l’on suit depuis sa mise en place jusqu’à sa clôture. Les différents regards des protagonistes, leurs diverses façons d’appréhender le Forum, leurs origines nationales et culturelles plurielles, les « états » générationnels différents qu’ils représentent, tout cela donne du piment à la lecture, ce à quoi s’ajoute pour le lecteur le fait d’être transporté en Inde, présentée le plus souvent par les diaristes non-indiens comme le continent de la Différence, de la Surprise, ce qu’elle est sans doute, effectivement, au-delà des images conventionnelles.

Le projet d’écriture des auteurs englobe et dépasse à la fois ce Forum de Bombay : il ambitionne de réaliser à terme une sorte de fresque humaine de l’altermondialisme (pour reprendre les termes de la quatrième de couverture), en faisant le récit d’autres forums, celui de Nairobi en 2007, puis celui de Belèm en 2009. Nous attendons de connaître la suite, en cette impatience d’un monde et d’une politique autres, dans laquelle nous stagnons depuis trop longtemps.